Dossier d’actualité : ce qu’il faut savoir sur l’influenza aviaire ou grippe aviaire


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mise à jour: 03/09/07

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1. Qu’est-ce que la « grippe aviaire » ou influenza aviaire ?
2.
Quelles sont les principales caractéristiques des virus grippaux ?
3.
Quelles sont les différentes formes d’infection des volailles ?
4.
Quelles sont les particularités du virus H5N1 asiatique? Pourquoi est-il si redouté ?
5.
Comment le virus de la grippe aviaire contamine-t-il les élevages ? quel est le rôle des oiseaux migrateurs ?
6.
Quelles mesures sont appliquées actuellement en France pour protéger les élevages ?
7.
Comment gère-t-on un foyer d’influenza aviaire en France ?
8.
Dans quelles circonstances vacciner les volailles ?
9. Quel est le risque lié à la consommation de viande de volailles et des produits de la filière avicole ?
10.
Quel est le risque de contamination par les oiseaux sauvages ou semi-domestiques des  villes ?
11.
Quel est le risque lié aux carnivores domestiques ?
12.
Quel est le risque de contamination pour les professionnels des filières avicoles et porcines ?

Liens utiles

Renseignements


10. Quel est le risque de contamination par les oiseaux sauvages ou semi-domestiques des  villes ?

Compte tenu des mortalités d’oiseaux sauvages causées par le virus H5N1 en Asie et en Europe de l’Est, une attention renforcée est portée aux oiseaux sauvages, migrateurs, ou sédentaires. Un réseau d’épidémio-surveillance spécifique est ainsi mis en oeuvre par l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage).
Les risques de contamination humaine directe sont cependant minimes : rappelons que les seuls cas de contamination humaine se sont produits en Asie, suite à des contacts rapprochés avec des volailles infectées en milieu confiné. Il suffit de respecter les principes d‘hygiène et d’éviter notamment de manipuler à mains nues les oiseaux morts ou malades. Les causes de mortalité des oiseaux sauvages sont très nombreuses et la grippe aviaire n’est pas la première à laquelle il faut penser !
Le cas particulier du pigeon mérite une précision : le pigeon est, parmi les espèces aviaires connues, l'une des moins sensibles à l'infection. Des enquêtes épidémiologiques répétées n'ont pas permis d'identifier de pigeons porteurs de virus grippaux (ou dans des cas rares et à des niveaux de portage très faibles) et les inoculations expérimentales se sont révélées aussi infructueuses. Ces données rassurantes doivent être relativisées en ce qui concerne le virus H5N1 asiatique : ce virus semble avoir la caractéristique d’infecter une grande variété d’espèces aviaires normalement peu sensibles, dont le pigeon. ceci dit ces cas sont restés très rares dans les zones ou le virus a largement circulé (Asie), sans doute à la fois en raison de cette faible sensibilité au virus et tout simplement, parce que les contacts entre pigeons et palmipèdes sauvages sont très faibles.
En résumé : les espèces sauvages autres que les palmipèdes ne seraient infectées (et commenceraient alors à représenter un risque) que si la circulation virale était étendue et durable sur notre territoire.

l’avis de l’afssa sur le risque lié aux oiseaux de parcs
l’avis de l’afssa sur le risque lié aux pigeons
La note sur les précautions à observer pour manipuler des oiseaux morts 

11. Quel est le risque lié aux carnivores domestiques ?

Alors que le chien semble réfractaire à l’infection par le virus H5N1, la sensibilité des félins à ce virus est connue et ne constitue en rien un évènement nouveau, qui témoignerait d'une évolution virale récente. Elle avait été vérifiée expérimentalement en 2004 par une équipe néerlandaise. Dans ces conditions expérimentales, la contamination secondaire de chats contacts -non infectés- avait également été constatée. Des cas spontanés de grippe à virus H5N1 ont par ailleurs été observés en Asie sur des tigres et léopards de zoos alimentés par des carcasses de volailles mortes de l’Influenza.

Un cas suspecté le 28 février 2006 sur un chat au nord de l’Allemagne est vraisemblablement lié à l’ingestion d’oiseaux morts du virus H5N1, sans que l’on connaisse exactement les circonstances et la voie de contamination. Ces cas sur des félins sont exceptionnels et les chats peuvent circuler sans danger dans les zones où le virus n’a pas été identifié. L’AFSSA a été saisi d’une demande d'avis sur ce point. Cet avis devrait clarifier la conduite à tenir dans les zones géographiques concernées par des mortalités d'oiseaux sauvages à virus H5N1.

l'Avis de l’AFSSA du 3 mars 2006

Une étude autrichienne récente apporte des informations nouvelles sur la sensibilité des chats au virus H5N1. Début 2006, un cygne infecté a été maladroitement introduit dans un refuge hébergeant des chats abandonnés. Sur l’ensemble des 200 chats présents dans le refuge, trois chats ont été contaminés par le virus H5N1. Ces chats n’ont cependant pas transmis le virus plus loin dans l’élevage et ils ont guéri spontanément sans développer de symptômes. Cette étude semble donc minimiser le rôle que pourrait jouer les chats dans l’épizootie de virus H5N1.

voir l'étude

12. Quel est le risque de contamination pour les professionnels des filières avicoles et porcines ?

Pour les raisons évoquées plus haut, le risque peut être considéré comme très faible.
- En l’absence de foyer d’influenza aviaire hautement pathogène, le risque d’exposition est négligeable et n’appelle pas de précaution particulière : il suffit de respecter les règles d’hygiène d’usage, en élevage comme dans les industries agro-alimentaires.
- En cas de foyer d’influenza aviaire hautement pathogène, des mesures de protections spécifiques seraient appliquées pour les personnels directement exposés aux foyers d’infection. La conduite à tenir en cas de foyer d’influenza aviaire hautement pathogène a été définie par le Ministère de la Santé.
- L’opportunité de la vaccination des personnels des filières avicoles et porcines contre la grippe saisonnière a fait l’objet d’un avis du Conseil supérieur de l’Hygiène publique de France :
- La vaccination de la population générale contre la grippe saisonnière est, d’une manière générale, utile et doit être conseillée.
- Elle ne protégerait sans doute pas contre un virus émergent « pandémique ».
- En l’absence de foyer de peste aviaire en France, la probabilité de co-infection entre virus grippaux humain et aviaire apparaît négligeable et les professionnels des filières avicoles et porcine ne représentent pas une population à risque spécifique au regard des infections à virus grippaux.

 

Liens utiles

 

Renseignements

Dr Jean-Luc GUERIN
Maître de Conférences, Aviculture & Pathologie Aviaire
Clinique des élevages avicoles et porcins
Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, Toulouse Agri Campus

 

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