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10.
Quel
est le risque de contamination par les oiseaux sauvages ou semi-domestiques
des villes ? 
Compte tenu
des mortalités d’oiseaux sauvages causées par le virus H5N1 en Asie et en Europe
de l’Est, une attention renforcée est portée aux oiseaux sauvages, migrateurs,
ou sédentaires. Un réseau d’épidémio-surveillance spécifique est ainsi mis en
oeuvre par l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage). Les risques
de contamination humaine directe sont cependant minimes : rappelons
que les seuls cas de contamination humaine se sont produits en Asie, suite à
des contacts rapprochés avec des volailles infectées en milieu confiné. Il
suffit de respecter les principes d‘hygiène et d’éviter notamment de manipuler
à mains nues les oiseaux morts ou malades. Les causes de mortalité des oiseaux
sauvages sont très nombreuses et la grippe aviaire n’est pas la première à
laquelle il faut penser ! Le cas
particulier du pigeon mérite une précision : le pigeon est, parmi les
espèces aviaires connues, l'une des moins sensibles à l'infection. Des enquêtes
épidémiologiques répétées n'ont pas permis d'identifier de pigeons porteurs de
virus grippaux (ou dans des cas rares et à des niveaux de portage très faibles)
et les inoculations expérimentales se sont révélées aussi infructueuses. Ces
données rassurantes doivent être relativisées en ce qui concerne le virus H5N1
asiatique : ce virus semble avoir la caractéristique d’infecter une grande
variété d’espèces aviaires normalement peu sensibles, dont le pigeon. ceci dit
ces cas sont restés très rares dans les zones ou le virus a largement circulé
(Asie), sans doute à la fois en raison de cette faible sensibilité au virus et
tout simplement, parce que les contacts entre pigeons et palmipèdes sauvages
sont très faibles. En résumé :
les espèces sauvages autres que les palmipèdes ne seraient infectées (et
commenceraient alors à représenter un risque) que si la circulation virale
était étendue et durable sur notre territoire.
l’avis de l’afssa sur le risque lié aux oiseaux de parcs
l’avis
de l’afssa sur le risque lié aux pigeons
La note
sur les précautions à observer pour manipuler des oiseaux morts
11.
Quel
est le risque lié aux carnivores domestiques ?
Alors que le
chien semble réfractaire à l’infection par le virus H5N1, la sensibilité des
félins à ce virus est connue et ne constitue en rien un évènement nouveau, qui
témoignerait d'une évolution virale récente. Elle avait été vérifiée
expérimentalement en 2004 par une équipe néerlandaise. Dans ces conditions
expérimentales, la contamination secondaire de chats contacts -non
infectés- avait également été constatée. Des cas spontanés de grippe à virus
H5N1 ont par ailleurs été observés en Asie sur des tigres et léopards de zoos
alimentés par des carcasses de volailles mortes de l’Influenza.
Un cas
suspecté le 28 février 2006 sur un chat au nord de l’Allemagne est vraisemblablement
lié à l’ingestion d’oiseaux morts du virus H5N1, sans que l’on connaisse
exactement les circonstances et la voie de contamination. Ces cas sur des
félins sont exceptionnels et les chats peuvent circuler sans danger dans les
zones où le virus n’a pas été identifié. L’AFSSA a été saisi d’une demande
d'avis sur ce point. Cet avis devrait clarifier la conduite à tenir dans les
zones géographiques concernées par des mortalités d'oiseaux sauvages à virus
H5N1.
l'Avis de l’AFSSA du 3 mars
2006
Une étude
autrichienne récente apporte des informations nouvelles sur la sensibilité des
chats au virus H5N1. Début 2006, un cygne infecté a été maladroitement
introduit dans un refuge hébergeant des chats abandonnés. Sur l’ensemble des
200 chats présents dans le refuge, trois chats ont été contaminés par le virus
H5N1. Ces chats n’ont cependant pas transmis le virus plus loin dans l’élevage
et ils ont guéri spontanément sans développer de symptômes. Cette étude semble
donc minimiser le rôle que pourrait jouer les chats dans l’épizootie de virus
H5N1.
voir
l'étude
12.
Quel
est le risque de contamination pour les professionnels des filières avicoles et
porcines ?
Pour les
raisons évoquées plus haut, le risque peut être considéré comme très faible. - En
l’absence de foyer d’influenza aviaire hautement pathogène, le risque
d’exposition est négligeable et n’appelle pas de précaution particulière :
il suffit de respecter les règles d’hygiène d’usage, en élevage comme dans les
industries agro-alimentaires. - En cas de
foyer d’influenza aviaire hautement pathogène, des mesures de protections
spécifiques seraient appliquées pour les personnels directement exposés aux
foyers d’infection. La conduite à tenir en
cas de foyer d’influenza aviaire hautement pathogène a été définie par le Ministère de la Santé. -
L’opportunité de la vaccination des personnels des filières avicoles et
porcines contre la grippe saisonnière a fait l’objet d’un avis du Conseil supérieur de l’Hygiène publique de France : - La
vaccination de la population générale contre la grippe saisonnière est, d’une manière
générale, utile et doit être conseillée. - Elle ne
protégerait sans doute pas contre un virus émergent « pandémique ». - En
l’absence de foyer de peste aviaire en France, la probabilité de
co-infection entre virus grippaux humain et aviaire apparaît négligeable et les
professionnels des filières avicoles et porcine ne représentent pas une
population à risque spécifique au regard des infections à virus grippaux.
Liens
utiles
Renseignements
Dr Jean-Luc GUERIN Maître de Conférences, Aviculture &
Pathologie Aviaire Clinique des élevages avicoles et
porcins Ecole Nationale Vétérinaire de
Toulouse, Toulouse Agri Campus
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